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01 mars 2012
26 heures pour les profs: l'embrouille de Sarkozy

Que ce soit faisable ou pas est finalement assez secondaire. L'important est de frapper les esprits et de se montrer offensif. Ainsi pourrait-on résumer l'annonce choc de Nicolas Sarkozy de faire travailler les profs 26 heures par semaine, au lieu de 18, pour 500 euros supplémentaires par mois.

Que dit le président sortant ? Après son discours sur l'éducation mardi à Montpellier et ses "précisions" ce matin sur France Inter, on peut résumer ainsi sa pensée. D'un côté, les profs ne sont pas assez présents dans les collèges et les lycées - et "les élèves qui se noient", ajoute-t-il, n'ont personne à qui parler. D'un autre côté, "la profession se paupérise" - la preuve en est, ajoute-t-il, que plus aucun élève ne veut devenir prof...

La conclusion de Nicolas Sarkozy est alors celle-ci: "comme l'Etat n'a pas les moyens d'embaucher des fonctionnaires sans arrêt", on va proposer aux profs en place de travailler plus - ce qui résoudra le problème de leur absence - et de gagner plus - ce qui résoudra leur paupérisation. Concrètement, cela donne: les profs certifiés pourront travailler 8 heures de plus par semaine, pour 500 euros mensuels de plus.

"Marché de dupes !", se sont écriés des syndicats au lendemain du discours de Montpellier: on va demander aux profs de travailler 44% de temps en plus pour une hausse de salaires de 25%. Mais qui va se porter volontaire ?
Faux, a répliqué Nicolas Sarkozy qui avait préparé ses effets sur France Inter. Les 8 heures supplémentaires ne seront pas, pour l'essentiel, des cours mais du temps de présence - "pour recevoir les parents d'un enfant difficile", "pour le suvi individualisé d'un élève en difficultés", "pour lui faire faire ses devoirs", etc. Or ces heures sont payées moins que des cours devant une classe, qui supposent de la préparation, des corrections de copies...

Mais si on paie plus les profs et qu'ils sont nombreux à être volontaires, est-ce que cela ne va pas coûter cher à l'Etat qui cherche des économies à faire ? Mais pas du tout, a poursuivi Nicolas Sarkozy, au contraire, ça ne coûtera rien.

Pour arriver à ce petit miracle, la démonstration devient assez compliquée. Reprenons les points avancés par le président sortant:

1. La règle du 1 sur 2 ne va plus s'appliquer au primaire, mais elle va continuer dans le secondaire. Cela veut dire que l'on ne va pas remplacer encore un départ à la retraite sur 2 en 2013, ce qui se traduira par 7 000 suppressions de postes, soit, selon le président sortant, une économie de 210 millions d'euros.

2. "Cette économie sera intégralement recyclée pour financer, payer, rémunérer mieux ceux qui auront choisi de passer de 18 heure à 26 heures" - l'opération serait donc neutre.

3. Enfin, "on crèera des bureaux pour que chaque enseignant puisse recevoir en individuel des enfants qui se noient" - la touche finale pour montrer que le candidat a pensé aux moindres détails.
Ainsi en théorie, tout ça tombe pile poil. Voyons maintenant en pratique ce qui est réalisable... ou pas.

D'abord, aura-t-on des volontaires ? Examinons l'aspect financier, que le candidat met en avan.

- Actuellement, un prof certifié est rétribué sur la base de 18 heures de cours par semaine. Il fait aussi des heures sups payées en heures supplémentaires défiscalisées. Selon les chiffres de Guy Barbier, l'expert en la matière du syndicat SE-Unsa, la première heure sup est payée annuellement environ 1 420 euros bruts, les suivantes environ 1 200 euros.

De plus, à partir de 3 heures sups, le prof touche une prime annuelle de 500 euros. Cela grâce à Nicolas Sarkozy qui a multiplé les heures sups au fur et à mesure qu'il supprimait des postes - aujourd'hui, 1,3 millions d'heures sups sont ainsi consommées chaque année dans l'Education, ce qui relativise les économies faites grâce aux suppressions de postes ...

Enfin, toutes ces heures sups ne sont pas soumises à impôt.

- En face, Nicolas Sarkozy propose, pour 8 heures de travail en plus, 6 000 euros par an - 500 euros mensuels multipliés par douze mois. Et ces sommes sont imposées.

- Conclusion: si le prof est bassement interessé, il ne sera pas preneur. En un peu plus de 4 heures sups aujourd'hui, il gagne plus que ce que propose Sarkozy, déduction faite des impôts.

Mais le candidat a laissé entendre qu'il s'agirait surtout d'heures de présence. Selon certaines informations, le prof volontaire devrait ainsi s'engager à faire 3 heures de cours en plus, les 5 heures restantes étant de la présence. Mais cela reste peu attractif financièrement.

Voyons maintenant l'intérêt au niveau du travail. L'idée serait de mettre ces profs volontaires pour faire 26 heures - le temps de travail de leurs collègues du primaire - dans les classes de 6ème et de 5ème. Beaucoup d'élèves ont du mal à s'adapter au collège, notamment au ballet des profs et des matières.

Ils seraient ainsi mieux encadrés. Et ils auraient moins de profs. Nicolas Sarkozy envisagerait en effet un "bloc" de 7 heures de matières littéraires dispensées par un seul prof, et un autre de matières scientifiques de 7 heures, dispensées par un seul prof.

Mais là encore, cela appelle des questions. Entre autres:

- des enseignants ont-ils envie de se spécialiser sur les 5ème et les 6ème ?

- tous seraient-ils concernés ? Un prof de musique, par exemple qui fait une heure par semaine par classe, devrait courir de collège en collège pour arriver à faire 26 heures...

Un mot aussi sur les chiffres. Si l'on veut remplacer un poste supprimé de prof certifié donnant 18 heures de cours, il faudra 6 profs volontaires pour travailler 26 heures - dont 3 heures de cours. Si l'on supprime 7 000 postes en 2013, il faudra donc en trouver 42 000. Ce qui ne parait pas aussi évident que l'assène Nicolas Sarkozy, sur un total de 140 000 profs certifiés en collège ...

Enfin, quid des bureaux promis par le candidat ? Les collectivités locales, qui ont la charge de l'immobilier scolaire, ont des budgets limités. Et il sera impossible de trouver de l'espace dans les établissements de centre-ville où les locaux suffisent à peine à accueillir les cours.

Mais le candidat sait-il lui-même où il va précisément ? Tout se passe comme s'il voulait surtout faire du bruit et de la fumée. Alors mieux vaut s'arrêter là et en finir une fois pour toutes.

Crédit photo. Sarkozy à la Matinale de France Inter le 1er mars 2012 (Reuters Pool news)


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